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BILPAPER Editions

Maison d'édition

Carterie de la mer. Cartes postales et posters sobres et graphiques.

DEPUIS 

2016

www.bilpaper.com

et sur la côte.

Bilpaper c'est l'océan, la côte et les îles, le bleu et le blanc. 

Je l'ai découverte dans les magasins de papeterie et souvenirs, au gré de mes pérégrinations sur les îles du Ponant. Un coup de coeur pour son regard sur la Bretagne, mais pas que... elle travaille aujourd'hui à représenter une grande partie de la côte atlantique française, du Touquet jusqu'à la Rochelle, essentiellement en format carte postale ! 

Depuis une relation whatsapp est née avec Bilpaper, alias Céline Bilquin. On aime échanger nos coups de coeur iliens et parler Bretagne tout simplement. Rencontre téléphonique, retracée ici à l’écrit, avec une belge amoureuse de nos bords de mer.

La côte et l'inspiration

Céline, tu es belge et tu vis près de Bruxelles. Pourtant ce qui t'anime au quotidien, c'est la côte française. Pourquoi ce coup de coeur, quel est ton parcours et ta reconversion ?

J'ai 38 ans, j'ai étudié l'architecture, j'ai travaillé 10 ans dans un grand bureau à Bruxelles, mais c'est une autre passion qui m'habitait intérieurement : le graphisme. Passionnée par le dessin, les lignes, les formes, les couleurs, assez naturellement j’ai commencé à dessiner autre chose que des plans. 

En 2014, j'ai griffonné dans mon coin des cartes postales pour une toute petite île bretonne sur laquelle je passe toutes mes vacances depuis l'enfance. Je n'osais pas vraiment les montrer et le tout dernier jour, je suis allée présenter quelques exemplaires au restaurant-librairie de l'île. Cela signait le début de ma nouvelle vie ! S'en sont suivies des participations au festival annuel Les Insulaires, la création de mes premières collections personnalisées puis intemporelles. Je travaillais les soirs et week ends sur mes cartes. En 2016, je quittais mon job et aujourd'hui, je suis fière d’avoir ma petite maison d'édition : Bilpaper éditions.

En quoi est-ce que le bord de mer est pour toi source d'inspiration ?

J’ai débuté avec les îles en particulier. Elles ont une silhouette, c'est plus intéressant encore pour moi à travailler graphiquement. Par exemple, j'apprécie  les formes des iles d'Yeu, Ouessant, Groix, et j'adore par dessus tout mettre du bleu tout autour. La vie insulaire c’est aussi un mode de vie à part : une de mes cartes qui a le mieux marché c’est "Heure de pointe à Hoëdic”. Un vélo, une poussette et une carriole. La slow life sur les îles sans voiture ! Et puis c'était nouveau, décalé, loin des clichés de la vieille carte postale aux coins recourbés.

Justement le bleu est très présent dans ton travail. En quoi cette couleur est-elle importante pour toi ?

J'adore le bleu, les bleus. La mer en offre des nuances infinies, et mon préféré : celui de la mer déchainée qui vire au gris. A mes débuts, je ne travaillais presque exclusivement qu'avec cette couleur. C'est pour une commande personnalisée que l'on m'a demandé d'explorer d'autres teintes, et ça été un réel effort pour moi ! J'ai alors travaillé plus largement les codes maritimes : les phares, les balises, les bottes et les vareuses de pêcheurs, les fanions, les casiers de pêche ou les fruits de mer. 

Obsession pour les îles et les lieux anonymes

Tout est donc parti d'une histoire d'amour avec Hoëdic, une île intimiste et sauvage, où seulement une centaine d'âmes vivent à l'année.

Cela date de mes grands-parents maternels qui ont débarqué sur Hoëdic en 1969 pour leurs vacances, dans une maison prêtée par des amis. Le virus insulaire s'est transmis de génération en génération, jusqu'à mes enfants aujourd'hui. Mes parents y ont construit une maison dans les années 90, quasiment de leurs propres mains. On vivait des vacances très simples sur cette île nature, sans voiture. 

Tu apprécies particulièrement les petites villes de la côte. Selon toi, chacun de nous a son coin de paradis, même le plus caché et anonyme.

Je dois avouer que j'ai commencé à travailler pour les petites villes car elles me faisaient moins peur, mais aussi parce qu'elles étaient souvent oubliées par les grandes maisons d'édition. Je trouvais intéressant de travailler pour les "petits", je me sentais à ma place. Il y a un côté plus intime, qui parle à des passionnés de leur village breton, comme moi je le suis pour Hoëdic.

Passion cartes postales

A l'ère du digital, la papeterie est ton art. Mais ce sont les cartes postales que tu privilégies. Pour quelle raison ?

C'est ma grand mère qui envoyait toujours une carte postale avec seulement écrit "bons baisers d'Hoedic" (formule que j'ai récupéré), puis ma mère à son tour. Je dois en avoir des centaines ! Mais la poésie de notre île n’était jamais vraiment reflétée pour moi dans les photos trop clichés. La carte postale c'est aussi quelque chose que j'ai toujours ramené de mes voyages : j'ai vécu un an au Zimbabwe après mes études, j'y ai acheté beaucoup de cartes postales. Ca ne coûte rien et c'est un bel objet.

Qu'est-ce que signifie pour toi le fait que tes créations voyagent et transportent avec elles des souvenirs de vacances à l'écrit ?

Mes créations je les conçois comme un petit souvenir en papier, à garder comme un trésor de vacances lorsqu'elles sont déjà trop loin. Depuis quelques années, il y a un engouement pour le format poster régional. Mais je reste attachée à la carte postale : on peut les envoyer, les faire voyager mais aussi les collectionner, les glisser dans un bouquin ou les encadrer et en changer régulièrement. Je les pense aussi pour les garder pour soi et pas forcément à envoyer à un ami ou de la famille. 

Au travers de tes créations, tu contribues à rajeunir les clichés bretons et maritimes en général.

Quel est ton processus de création pour cela ?

J'aime creuser sur Instagram, les blogs, internet en général. Je réunis les photos et j'essaie de trouver l'élément commun. J'extraie un élément fort, le plus poétique ou le plus insolite, et parfois j'ajoute une touche humoristique. Juste l'horizon avec un phare, et ça me plait ! De par ma formation d'architecte, j'ai un oeil carré, j'ai l'habitude de voir des lignes partout. A l'école, on nous apprend les règles de la simplicité et de la sobriété, l'équilibre entre les pleins et les vides, jamais rien d'inutile. Je conçois une carte comme je concevais un plan.

Quel serait ton art de vivre idéal ?

Je suis un peu partagée : mon travail est à l'opposé de là où j'habite. Je ne suis pas née à Hoëdic, je ne suis pas bretonne, mais ça m'a déjà traversé l'esprit d'aller vivre sur une île bretonne. Groix aurait pu être une option à l'époque. Mais la réalité des îles en plein hiver n'est pas facile, et j'en suis consciente.

Alors, je dirais tout simplement : vivre de mes passions que sont le graphisme et la mer. J'ai passé le cap il y a 4 ans et je n'ai aucun regret. Après quelques doutes, je suis fière de mon parcours et j'aime l'idée d'avoir créer ma modeste maison d'éditions. Je suis fière de dessiner tous ces petits bouts de côte, et de créer du rêve sur papier.