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INTO THE WOODS

ARTISAN CREATEUR

Sacs et accessoires inspirés par la nature et fabriqués avec douceur.

DEPUIS 

2008

Sur le marché du Cap Ferret

www.intothewoodsbags.bigcartel.com

Pour cette deuxième rencontre, on reprend la route de la côte, direction les douces couleurs du Bassin d'Arcachon. Au carrefour des vents de l’océan, des dunes sauvages et des forêts de pins.

Inspiré par la nature et fabriqué avec douceur”, tel est le leitmotiv de Julie Chamoulaud pour sa marque Into the Woods, qui a déjà douze d’âge. Des teintes naturelles pour une ligne de sacs et accessoires qui ne se démodent pas et commencent tout doucement à traverser les générations. Julie, avant-gardiste à l'époque, a réalisé depuis longtemps que les choses peuvent être faites différemment, chacun à son échelle, pour démoder un système qui arrive en bout de course.

Belle lecture de cet échange riche en enseignements avec une jeune femme sensible, qui tisse depuis toujours un lien privilégié avec la nature. Un lien qui transparaît dans les produits qu’elle fabrique et distribue elle-même. 

Promenons-nous dans les bois...

Julie, tu es une personnalité sensible et remplie de diversités. Raconte-nous qui tu es, ton activité et comment elle a débuté.

Je suis née et j’ai grandi à Biganos, je suis une fille du fond du Bassin, au coeur des marais. Jusqu’à mes quinze ans, j’ai vécu entre la forêt et la côte où l’été j’avais mes habitudes au club de voile d’Andernos. Concernant mon parcours, j’ai l’habitude de dire que je suis une “testeuse de diplômes” ! J’ai débuté par un BTS design textil, puis j’ai eu besoin de mettre les mains dans la matière en passant un CAP tapissier-décorateur avec les Compagnons du Devoir. J’ai aussi une licence d’Arts Appliqués et même un BTS opticien lunetier ! C’est en 2008 que j’ai réellement trouvé ma voie en créant ma ligne de sacs et accessoires. J’aime créer ces objets car c’est pratique, nomade, on y range ses petits secrets. 

Pourquoi ce nom pour ta marque ?

A la base, ma marque s’appelait “Promenons-nous”, comme une évocation à la forêt qui m’avait vue grandir. Puis en 2015 j’ai revu le nom et je l’ai transformé en “Into the Woods”. Ce choix me permettait de changer mais ça s’inscrivait aussi dans une certaine continuité.

Ton univers s'articule autour de couleurs douces et très proches de la nature : pourquoi ce choix ?

Oui, pour être honnête : les couleurs franches me fatiguent visuellement ! Je travaille avec une palette de gris colorées. Des teintes sélectionnées pour être portées toute l’année, qui se coordonnent avec toutes les tenues. De manière générale, je crois que nous vivons une vraie période de transition, la société se cherche, nos rapports aux autres, le retour à la nature est vraiment là et nos modes de consommation évoluent. Je suis sur le Bassin toute l’année et je vois bien que l’hiver les déchets re-surgissent car finalement l’été, avec le bouillonnement touristique, on les voit moins. Revenir à la fabrication de produits qui durent est devenu nécessaire.

Une production locale à échelle humaine

Cuir végétal, feutre, lin... pourquoi avoir choisi de travailler avec ces matières plus particulièrement ? Je crois que tu cherches également à sélectionner de plus en plus tes fournisseurs de façon responsable ?

J’ai commencé par la suédine, matière issue du pétrole, distribuée en france mais fabriquée en Chine. Je suis alors passée à la suédine bio polyuréthane ; un peu plus “propre” dans le sens où, si le tissu est abandonné dans la nature, il se détériore seul. Il y a aussi le feutre qui provient d’Allemagne, et je me fournis en cuir auprès d’une entreprise basée en Dordogne qui travaille avec des fins de stock de tanneries européennes. Je ne peux difficilement tout faire parfaitement, mais je teste, j’essaie et je m’adapte au fur et à mesure. J’ai toujours travaillé avec des tissus initialement dédié à l’ameublement pour des produits finis plus résistants, faciles d’entretien et faits pour durer. Avec le cuir, chaque pièce est unique, se patine différemment en fonction de comment on fait vivre son sac. Je sais à travers mes clientes qu’elles transmettent mes sacs à leurs filles maintenant.

Côté distribution, tu assures tout toi-même, notamment sur les marchés locaux du Bassin et Bordeaux.

Oui, je vends à 80% en direct et 20% en ligne (envois en France). Le marché du Cap Ferret l’été fonctionne par tirage au sort pour les exposants. Maintenant je suis abonnée et certaine d’avoir mon stand, mais ça m’a appris à être sans arrêt flexible, à adapter les quantités. Avec le confinement, être une petite structure, qui se fournit en France, était un avantage de taille : je suis plus à l’aise pour m’adapter rapidement et tenir sur la durée. C’est un challenge de tous les jours. La sécurité et la routine ne sont jamais au rendez vous. Mais c’est un choix pour être au plus près de ses valeurs personnelles, de ses rêves, de ses envies de transmettre autre chose. 

Le Bassin d'Arcachon et les Pyrénées comme sources d'évasion suffisantes

Tu vis et produis dans ta maison-atelier sur le Bassin. Raconte-nous ton quotidien.

Ma production se fait par saisonnalité, mis bout à bout à peu près six mois dans l’année. Le reste du temps est dédié à la vente sur les marchés. J’ai l’aide de Marie à mi-temps pour la production, elle est restauratrice de tableaux initialement. Nous produisons dans ma maison-atelier, c’est très agréable car on peut profiter d’une balade ou même d’un pic-nic sur la plage le midi quand la météo le permet. Je baigne dans cette lumière naturelle depuis toujours. Je peux profiter des levers et couchers de soleil sur l’eau. L’été c’est bouillonnant et l’hiver je m’endors en même temps que la nature. Souvent on me dit : tu as beaucoup de chance. Je ne pense pas que ce soit de la chance, c’est un choix, que chacun peut faire.

La montagne est aussi un lieu de ressourcement primordial pour toi : ses couleurs se retrouvent dans tes collections, elle est présente pour tes temps de pause après les périodes les plus intenses. 

Etre en contact avec l’eau toute l’année me pousse à aller vers d’autres horizons. La montagne me ré-ancre. C’est du granit, de la pierre, des éléments naturels puissants qui remettent les pieds sur terre. C’est devenu un laps de temps important pour moi maintenant : juin avant d’attaquer la saison, puis fin septembre, et maintenant aussi janvier. Je pars seule dans mon van. Mon bureau devient ma maison de vacances ! C’est un peu comme l’idée d’une cabane dans les bois, un endroit clos dans lequel je me sens bien. La solitude ne me fait pas peur, randonner en solo me permet de retrouver mon monde intérieur qui me nourrit et je peux pleinement mettre mes cinq sens en éveil.

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La période de confinement à échelle mondiale que nous venons de vivre est inédite. Que retiens-tu de cela ?

Les quatre premières semaines, j’étais ravie ! J’avais l'impression que tout le monde se mettait à vivre comme moi : plus de transport, plus de vie de bureau formaté… le retour à l’essentiel. Et puis il y a eu, comme tout le monde bien sûr, les hauts et les creux de la vague.

 

Je ne pense pas qu’il y aura un avant et un après radical, comme un big bang. Je pense que ça fait partie d’une évolution perpétuelle. On va s’adapter, faire peut être un peu plus attention c’est certain. La spiritualité s’est invitée chez pas mal de monde et j’espère que la conclusion pour beaucoup sera la prise de conscience réelle que c’est en prenant soin de soi à l'intérieur que l’on peut apprécier l’extérieur.