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Crédit photos : Cathy Marion

LES BOTTES D'ANEMONE

CREATION FLORALE

Atelier de décoration florale locale et éco-responsable

DEPUIS 

2020

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Bleu & Blanc apprécie particulièrement les reconversions ayant pour dénominateur commun le goût pour la nature, le fait main et la proximité de l’océan. Tiphaine ne déroge pas à la règle, et son projet “Les bottes d'Anémone” est un véritable petit bijou breton qui valorise son territoire. Depuis bientôt un an, partout où elle livre ses bouquets, Tiphaine sème fraîcheur, couleurs et senteurs locales.

Rencontre dans son atelier, situé sur le port intimiste du Bono (Bretagne sud) où la jeune femme a posé ses valises, fait le choix de mettre en pause une vie à 1000 à l’heure, et se dédie désormais à la décoration florale. Mais pas n’importe laquelle : éthique et responsable.

Du jardin familial en Normandie… à une chambre d'hôtel en Californie

J’ai beaucoup déménagé pendant mon enfance puis mon adolescence, mais je garde en mémoire un souvenir bien précis : les rosiers du jardin de ma grand-mère en Normandie, et en particulier ses roses couleur jaune-pêche.” 

Des années plus tard, alors qu’elle a deux tours du monde au service d'une des plus grandes compétitions de voile à son actif, Tiphaine fait l’acquisition d’une maison dans le Morbihan avec son compagnon, à retaper du sol au plafond. Un projet qui les poussent à arrêter quelques mois leur course effrénée aux déplacements professionnels aux quatre coins du monde. Après avoir entièrement rénové l’intérieur, le jardin devient leur terrain de jeu favori. Il donne directement sur un petit port breton au charme suranné. Ce coin de verdure lui fait découvrir le plaisir de semer soi-même des fleurs et les regarder pousser et fleurir.

 

Mais en réalité, c’est un matin d’avril 2019 que tout bascule. En pleine mission pour une compétition à San Francisco, elle a une véritable révélation dans sa chambre d'hôtel : “je me suis réveillée en me disant que mon avenir c’était pas la voile, mais les fleurs !” sourit-elle.

Ce nouveau projet professionnel s’installe alors progressivement dans son esprit, elle prend le temps de le mûrir, de repérer des formations qui résonnent en elle, et commence ainsi à créer pas à pas sa future petite entreprise. 

C’est vrai que quand on pense fleuriste, on pense boutique, lieu fixe, horaires d’ouverture. Or, ça ne me correspondait pas.” Tiphaine souhaitait conserver dans son quotidien une certaine autonomie, une flexibilité et une diversité qu’elle appréciait tout particulièrement dans sa vie d’avant. 

Crédit photos : Cathy Marion / Chloé Gire

Un projet local et raisonné, écho à une prise de conscience personnelle

Le gâchis pour le renouvellement des vitrines, les produits chimiques utilisés pour la conservation des fleurs, les productions réalisées à l’autre bout du monde et transportées par avion... pour la jeune femme, c’était tout simplement hors sujet. 

Alors son modèle s’affine peu à peu : "Mon idée : proposer un service de décoration florale sur-mesure. Ne composer que des bouquets ou compositions commandées à l’avance et nouer des partenariats avec des producteurs français qui travaillent dans le respect de la nature et des saisons. Enfin, mettre à disposition des clients leurs commandes de bouquets dans des boutiques relais à Vannes, Auray, Carnac, Lorient, ... ” 

 

C’est grâce au Collectif de la Fleur Française qu’elle s’entoure de floriculteurs français et surtout bretons (Côte d’Armor, Île et Vilaine et Morbihan). Ils ne cueillent que ce qui est commandé et le tout est livré dans les deux jours qui suivent. Pour la saison hivernale, plus pauvre en floraison, Tiphaine s’approvisionne auprès de producteurs du Var. 

 

Mais sa philosophie ne s’arrête pas là. Pour tendre vers le 0 déchet, elle peaufine les moindres détails : “mon activité est par essence éphémère mais je suis convaincue qu’on peut considérer les choses de façon différente. Alors j’essaie de faire disparaître le plastique, les élastiques, la mousse artificielle, … et je les remplace par du papier craft ou des ficelles compostables.

Crédit photos : Cathy Marion / Chloé Gire / Maud Villa

S’éloigner des standards et cultiver un style très personnel

L’entrepreneuse a fait le choix de ne pas s’inscrire en CAP ou dans une école dite classique. Après s’être essayée à quelques bouquets spontanés avec les fleurs de son jardin, elle se forme en suivant des stages chez différents designers floraux, à Paris et un peu partout en France. “Ma première semaine d’introduction date de fin 2019. J’ai aimé avoir les mains dans les fleurs et les feuillages qui piquent. Ça me calmait, c’était comme de la méditation, ça vide la tête.” s'enthousiasme-t-elle.

Ainsi, authenticité et saisonnalité résument bien le style assumé de la fleuriste : “Dans un jardin, les fleurs ne sont pas standardisées comme dans les boutiques ou les jardineries. Elles sont beaucoup plus créatives que ce qu’on a l’habitude de nous faire voir.

 

Nul doute que ce joli concept bien ficelé continuera de rallier derrière lui de nombreux adeptes. Des particuliers et professionnels qui feront le choix de soutenir, aux côtés de cette jeune fleuriste qui renouvelle le genre, une démarche vertueuse et engagée.

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La Question Bonus 

 

Et débuter une nouvelle activité en 2020,

année semée d’incertitudes,

ça donne quoi ? 

Le confinement m’a permis de commencer à commercialiser quelques premiers bouquets, expliquer ma démarche et cerner les attentes.

Les gens étaient enfermés chez eux, alors apporter un peu de fraîcheur à ce moment-là grâce à mes bouquets s’est finalement avéré être le bon timing.

Crédit photos : Cathy Marion