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Crédit photos : Laurence Revol

ZURI - DESIGN 

DECORATION D'INTERIEUR

Objets en béton faits main au Pays Basque

DEPUIS 

2015

Bidart (64)

www.zuri.fr

  • Facebook - Black Circle

ZURI… quatre lettres qui sonnaient juste à Marie-Cerise pour sa marque d’objets en béton, faits main, chez elle sur la côte basque. Un seul mot, simple et concis, à l’image de ses collections intemporelles. Zuri signifie “pour toi” ou “à toi” en basque. Et il se trouve que c’est aussi la traduction de “blanc”, qui est le nom de famille de la créatrice. Elle est revenue il y a quelques années s’installer à Bidart, son village natal, avec son traditionnel fronton de pelote basque et ses falaises où des vagues faites pour surfer déferlent. Un concentré d’art de vivre authentique, nature, cool, qui renferme l'énergie de deux natures fortes qui se rencontrent : les Pyrénées et l’Atlantique. 

Quand le béton change une vie

Marie-Cerise, créatrice de la marque Zuri, objets en béton - faits main. Quel est ton parcours avant de te lancer dans ton activité actuelle, et pourquoi à Bidart ? 

Je suis originaire du Pays Basque, j’en suis partie pour mes études et j’ai travaillé dix ans dans l'événementiel à Paris. J’ai beaucoup voyagé pour organiser de gros projets type défilé, congrès, cérémonie d’ouverture. J’ai eu la chance de découvrir des pays tellement différents comme le Qatar ou la Chine… mais ce que j’aime le plus c’est être ici. Il y a mes souvenirs, ma famille, beaucoup d’affect, et donc j’ai commencé à revenir sur mes terres de plus en plus régulièrement entre mes missions. C’est à partir de là que je me suis mise à faire des choses manuelles, parmi lesquelles un premier “do it yourself” en béton et ça été le coup de coeur ! Ce premier objet c’était un tabouret, puis il y a eu des lampes… et la sauce a pris. Le covid a précipité un peu les choses avec l’arrêt de toute mission en événementiel, j’ai pris cela comme un signe et depuis cette année je me concentre à 100% sur ma marque et ma production.

Mais alors comment est-ce qu’on en vient à créer sa marque et à vendre ses créations ?

Les choses se sont installées petit à petit, ça n’était pas prémédité. Je me suis prise au jeu, j’ai eu envie de m’améliorer, je suis passée à la fabrication de nouveaux types d’objets, je suis allée à la rencontre de personnes qui maitrisent l’art du béton. Il n’y a pas de formation à proprement parler, contrairement à la céramique par exemple. J’ai dû acquérir mon expérience seule, avec beaucoup de bricoles au départ.

Où peut-on trouver tes objets et comment te fais-tu connaître ?

J’ai commencé à être distribuée dans des boutiques de la région et maintenant un peu partout en France : dans le sud-ouest bien sûr mais également à Paris, Nice, Dijon, Guérande. Ces lieux de vente permettent de faire connaître mon univers puis les gens creusent un peu plus en se rendant sur mon eshop.

J’apprends tout en autodidacte et je passe des petits paliers à chaque fois, je réadapte mes modes de production en fonction des quantités qu’on me demande. Je dois me professionnaliser maintenant que je suis désormais à temps plein sur cette activité, je me fixe l’objectif de créer une collection par an qui proposera un nombre raisonnable de pièces, dans un style qui ne se démode pas trop. J’aime l’idée qu’on n’ait pas besoin de changer de décoration trop souvent. J'aimerais aussi trouver une façon de me faire aider mais avant tout rester maître de ma production, à échelle humaine.

Crédit photos : Laurence Revol

Une matière brute pour un style tout en rondeur

Tu imagines et produis des objets en béton, uniques, de façon complètement artisanale. Explique-nous plus en détails le processus de fabrication ?

J’ai l’habitude de dire que le béton c’est comme faire un gâteau, j’ai mon ciment qui est blanc comme la farine, je le mélange à l’eau et ça donne une sorte de pâte. Je teinte ensuite directement dans la masse, c’est à cette étape que les objets deviennent uniques.

Il n’y a pas de cuisson, juste un temps de séchage, je ne travaille pas la matière à la main. C’est coulé dans un moule mais ce qui est unique c’est que les moules sont façonnés à la main et que le béton ne réagira pas toujours de la même façon en fonction des conditions : il pourra faire des bulles, ou non ; les couleurs n’auront pas toujours le même rendu...

Qu’est-ce qui fait ton style et te démarque dans l’univers du design ?

On est très peu à travailler le béton. C’est une matière brute et c’est la tendance actuelle donc j’ai de la chance. Je pense que ma patte c’est le travail de la couleur, l’esthétisme de la colorimétrie qui plaît. Je fais beaucoup ce que j’ai envie d’avoir chez moi et je teste les couleurs qui me plaisent au final. Le travail des pigments naturels, de leur dosage, rende mon travail plus doux et délicat que l’image qu’on peut avoir au premier abord du béton. J’apporte de la rondeur grâce aux formes et aux couleurs douces et chaudes. C’est le côté féminin de mes pièces, c’est un décalage que j’aime exploiter. 

Ainsi, j’ai collaboré avec l’atelier Cesarine à Hossegor pour créer un objet commun alliant nos deux activités : le béton et les fleurs. Il s’agit d’une décoration murale représentant une dune qui accueille de fins bouquets de fleurs que l’on trouve en bord de mer dans le sable : des chatons. Cet ensemble est à l’image de mon style : solide et poétique.

Tu penses tes objets pour qu’ils participent à un certain art de vivre intemporel. Raconte-nous.

Ce sont toujours des objets du quotidien, qui allient utilité et décoration. Je ne souhaite pas faire de la décoration pure. Souvent d’ailleurs, il s’agit d’objets multi-usages : ils peuvent servir dans une salle de bain ou un bureau, on peut changer leur utilisation au fur et à mesure des pièces ou de la vie. Ainsi mon modèle de porte savon peut aussi s’avérer être un porte-cartes ou vide-poches. Mon porte brosse à dents devient dans un bureau un porte stylo. J’aime travailler l’idée qu'il y ait un usage principal mais qu’on puisse s’en libérer et en faire ce dont on a envie ou besoin.

Crédit photos : Laurence Revol

L'inspiration entre mer et montagne

J'ai lu que le béton te rappelait ton lieu de vie : “ la puissance des éléments et la douceur de vivre”. Être installée et concevoir les objets depuis le Pays Basque, cela a une signification particulière pour toi ?

Le béton est comme ma région : c’est une matière brute qui devient vivante en fonction de la chaleur, du toucher... Dans mon travail, il y un côté sensoriel qui me rappelle le Pays Basque. Bidart est une ville front de mer, avec également une partie dans les terres. Je suis un parfait entre-deux et je ne pourrai plus me passer de l’un ou l’autre. Lorsque je vivais à Paris, j’avais la larme à l’oeil lorsque je ne rentrais pas assez régulièrement ici. Désormais, je me sens à ma place.

©LaurenceRevol-ZURI-191LOW.jpg

Tu t’exerces depuis peu à une nouveauté : partager et transmettre ton savoir-faire au travers d'ateliers.

Que retiens-tu de cette expérience ?

Depuis cet hiver (et hors confinement), j’organise deux ateliers par mois environ.  L’idée c’est de venir entre une et deux heures à l’atelier pour appréhender la technique du béton et fabriquer ses propres objets à l’aide de mes moules que je mets à disposition. Les élèves ont carte blanche sur la couleur. C’est très intéressant de voir réagir les apprentis devant leur oeuvre, car sur le coup on n’a pas vraiment de vision du produit fini, c’est le lendemain - après le temps de séchage - qu’on a la surprise.

Je garde de ces ateliers la satisfaction de moments d’échanges, et d’arriver à créer une bulle dans mon atelier où les gens viennent déconnecter et se vider la tête en ayant les mains dans la matière. C’est un vraie activité bien-être pour eux, et je ne m’attendais pas à cela !

Crédit photo : Laurence Revol